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Préambule
J'aurais voulu t'écrire un truc un peu plus joli. Une lettre ou un SMS aurait surement été plus simple. À la place de ça, je t'ai écrit un livre. Enfin.. Ce n'est peut-être pas à toi que je l'écris. Il est peut-être pour Elle.
Cher(e) inconnu(e),
Tu te trouves actuellement sur un site TUMBLR des plus banal. Je ne sais pas encore comment tu t’es perdu ici et peut-être que je ne le saurais jamais. Qu’importe. Laisse-moi te parler de l’histoire qui suit.
J’ai le regret de devoir t’annoncer que c’est une histoire d’amour entre deux femmes. Rien de bien plaisant, hein ? En plus de ça c’est une romance dramatiquement mal écrite. Alors pourquoi rester, n’est-ce pas ?
Arrêtons les blagues deux minutes.
Cette histoire est peut-être vrai, peut-être pas. Je ne l’ai pas écrite pour toi, mais pour moi. Parce que j’en avais besoin. Cette histoire à des défauts, des fautes, des imperfections, je suis coupable. Et je m’en fous, pour une fois parce que si tu ne critiques que ça... J’en serais quand même vachement contente.
J’espère que cette histoire te plaira. Je n’ai pas envie de t’en dire trop, alors je te laisse la lire. Affectueusement, mathilde.
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Tous droits réservés © 2017
« Je n'écris pas pour que tu reviennes. J'écris pour qu'enfin tu comprennes ce que ça fait de vivre sans toi. »
(@ftianmboy/Azaël - Twitter)
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« Le seul vrai mot, c’est : reviens, je veux être avec toi, je t’aime. Si tu écoutes cela, tu montreras du courage et un esprit sincère. Autrement, je te plains. Mais je t’aime, je t’embrasse et nous nous reverrons. » Rimbaud à Verlaine, lettre du 4/5 juillet 1873
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Une histoire ?
Je crois que c’est une histoire d’amour.
Entre toi et moi.
Ou peut-être entre elle et moi.
Non, c’est loin d’être une histoire d’amour.
C’est une histoire de sentiments et de dégâts causés.
Ma playlist de déprime post-rupture.
Demi Lovato – Stone Cold
Niall Horan – Flicker
Ed Sheeran – Happier
5 Seconds of Summer - Amnesia
The 1975 - Somebody Else
[ Et aujourd’hui, je rajouterais même : Louane - Jour de Pluie et Hayley Kiyoko - Wanna be Missed ]
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Pour toutes ces nuits clandestines, Qui ne sont que mesquines A ces nuits éprises par le spleen Celles où l'on rumine. Pour toutes ces nuits clandestines, Qui sont mises en sourdines, A ces nuits où l'on bouquine Celles qui sont divines Pour toutes ces nuits clandestines, Qui sont inutiles. A ces nuits citadines, Celles remplies de nicotine. Pour toutes ces nuits clandestines, Qui devenaient une routine. A ces nuits qui me fascinent, Celles qui donnent mauvaise mine. Pour toutes ces nuits clandestines, Qui nous rendaient gamines A cette nuit anodine, Où je suis devenue ta copine... Pour toutes ces nuits clandestines, Où amadouée par ta poitrine, J'ai su me la jouer mutine... Je me suis retrouvée dans tes bras Quelque part sous mes draps Entre soupir et tabac J'en oubliais d'être moi.
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J’suis seule.
Seule au milieu d’un quotidien
qui n’a rien de divin.
Seule au milieu d’un appartement
qui a vécu un débarquement.
Seule depuis toi,
mais aussi avec moi.
Seule depuis si longtemps
que ça en est plombant.
Tout ceci est redondant,
mais c’est que c’est encombrant,
Une solitude immortelle,
quel joli bordel.
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#Chapitre 01
On pourrait croire que c’était la soirée parfaite. Il faisait nuit (pas nuit noire ou nuit étoilée : on était à Paris après tout), on avait déambulé dans tout Paris jusqu’au parvis de Notre-Dame, ton téléphone chantait les Rois du Monde, toi tu hurlais les paroles sous le regard de quelques passants traumatisés par ton rythme musical. Heureusement, il n’y avait pas grand monde, tu ne me faisais donc pas si honte. Je te regardais faire, sourire aux lèvres, cigarette en main tremblante, était-ce la tienne ou la mienne ? Qu’importe à présent puisqu’elle avait été grillée aux trois quarts. On était là, à penser à rien à part que la nuit nous appartenait. On était à côté de la plaque. Je n’ai pas tout de suite remarqué que tu avais arrêté le massacre de cette chanson entêtante, les paroles avaient mis deux secondes à se graver dans ma tête. Ce n’était même pas la chanson entière, c’était juste : « Ils font des pièges ou ils tomberont un jour Ils se protègent de tout même de l'amour » qui me revenait encore et encore alors que j’observais Paris. De sa cathédrale à son fleuve, sans parler de ses pavés maculés par la pluie de la fin d’journée. Je ne t’ai perçue que lorsque tu m���as enlacée. Tu sais que je déteste ça, autant les démonstrations d’affection en public que le reste. Mais c’était différent parce que tu t’es contentée de ranger sagement tes mains dans les poches de ma veste, de poser ton visage sur mon épaule et de contempler Paris à ton tour. On aurait pu rester ainsi mais il fallait que tu parles, que tu combles le vide que j’expirais. - Tu penses à elle ? J’ai haussé les épaules. Je pensais toujours à tout. Que ce soit elle ou le reste. Tout me hantait en permanence, mais je ne voulais pas en parler. J’aimais me dire que ne pas en parler c’était prétendre que ça allait. Parce que c’était ce qui comptait, non ? Généralement les gens se contentaient d’un oui ou d’un non, d’un haussement d’épaules puis ils laissaient tomber, me laissant vaquer à ce que je voulais. Mais tu n’étais pas les gens. Tu ne te contentais de rien. - Réponds. J’ai secoué la tête, persistant dans mon silence vide et incomplet. Je ne voulais pas en parler, pas ce soir. Je ne voulais pas sentir ce vide silencieux devenir un brouillon de sentiments ingérables et bruyants, résonnant en écho dans tout mon corps. Je n’avais pas le courage d’affronter tout ça sans quelques larmes qui gâcheraient la soirée qu’on partageait. Puis, à quoi bon parler d’elle et du reste ? Tu ne la connaissais pas, cette elle. Tu n’en savais rien du reste. Parce que même si tu n’étais pas les gens, tu ne voyais rien d’autre qu’une personne un peu bancale, aux coups de blues aussi récurrents que les éternuements d’un rhume. Tu ne voyais pas que j’avais une sensibilité absurde, qui me rendait coutumière aux crises d’angoisse, de panique et je t’en passe. Tu avais peut-être, toi aussi, renoncé à comprendre si je n’étais qu’une « dégénérée », une romantique trop fleur bleue ou une simple maniaco-dépressive.
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#Chapitre 02
- T’as pensé à arrêter de l’aimer ? On était allongées sur le sol de mon appartement, chacune d’un côté de mon lit. On aurait clairement pu s’allonger dessus, mais non. On était là, comme deux personnes saoules après une soirée mouvementée, séparées par un lit défait et quelques moutons de poussières oubliés. On n’avait pas bu, on avait juste préféré le sol inconfortable au matelas douillet. Je regardais mon plafond couvert de millions de post-it que tu avais assemblés, il y a déjà un moment. (Aujourd’hui encore je me demande comment tu avais pu représenter un de ces ciels étoilés à la TUMBLR sur tant de post-it… Et surtout comment faisaient-ils pour ne pas tomber nuit après nuit ?) Alors que toi, tu m’observais depuis quelques minutes, ne te rendant pas compte que tu me mettais mal à l’aise par ce simple regard curieux. Comme d’habitude j’ai haussé les épaules à ta question avant de poser mon attention sur toi. Je n’ai rien demandé, mais tu as compris et tu as sorti un paquet de cigarettes de ta poche avant de le faire glisser sur le sol poussiéreux. J’en ai sorti l’avant-dernière que j’ai allumée. J’ai pris une bouffée inutile de nicotine, sans même la respirer. Je l’ai gardée en bouche avant de tout recracher dans les airs au risque de faire sonner mon alarme incendie. - Évidemment que j’y ai pensé. Mais ça tu le savais. Je ne compte plus les soirs où tu m’as retrouvé en train de penser à elle, perdue dans un monde de souvenirs et d’illusions. Combien de fois t’ai-je appelée sans rien dire au bout du fil parce qu’elle annulait à la dernière minute ? Je n’ai pas à te rappeler tous les messages larmoyants que je t’envoyais dès que je me sentais remplacée, sous cette foutue jalousie maladive. Tu savais que j’avais pensé à arrêter. Tu m’y avais parfois poussée. Et tu avais ramassé bien plus que de simples morceaux de cœur brisé. Mais tu savais aussi que je n’arrêtais jamais complètement. Tu m’avais parfois murmurée que je l’aimais plus que toi. Je n’y avais jamais répondu mais peut-être. Peut-être que je l’aimais plus fort, plus souvent. Mais ce n’était pas la question du moment. - Comme on pense à arrêter de fumer, deux secondes en soit. Tu n’avais plus mon attention. Je préférais observer ma cigarette se consumer sans que je ne la fume. Je suis sûre qu’à cet instant tu croyais que je pensais encore à elle. Que tu avais réveillé des souvenirs enfouis qui me feraient avoir une de ces crises de larmes. Tu te trompais. - J’ai tenu une semaine et presque deux heures. Tu n’as pas répondu. J’avais l’impression de t’avoir blessé, mais tu savais que je l’aimais et que je l’aimerais encore et toujours. Je n’allais pas te consoler en te disant que c’était mieux avec toi ou que tu avais un truc en plus. Tu ne lui arrivais pas à la cheville, mais je ne le disais pas. Je ne sortais pas de compliments ou de mots doux. C’était inutile. Je me contentais d’enfumer mon ridicule appartement avant d’éteindre cette cigarette contre un pied de mon lit. Ce n’est pas que je ne t’aimais pas. C’est que je t’aimais moins.
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#Chapitre 03
Tu n'étais pas elle. Mais ta présence apaisait son absence. Tout comme ta présence rappelait son absence. Je ne guérissais pas. Au contraire je m’enfonçais dans tout ça.
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#Chapitre 04
Tu te souviens de cette soirée ? On traînait près des berges, du côté de la Tour Eiffel – histoire d’être aussi niaises que les touristes. Toi avec ton fidèle goût musical douteux, moi avec mon habituel morceau de nicotine au bout des doigts. Je devais en être à la troisième depuis qu’on était sorties du métro. Toi à ton deuxième morceau, tout juste remis au début parce que tu avais loupé un mot et que tu voulais tout recommencer, tel la diva que tu savais être. J’aurais dû te le dire, t’avouer que tu chantais faux, que tu faisais fuir pigeons et êtres humains. Mais c’est la pluie qui s’en est chargée. (Même si tu le savais bien de toimême) Pendant le refrain de I wanna dance with somebody, au bout de ma deuxième taffe de cigarette, quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber. Aucunes de nous n’a sorti l’habituel « il pleut ? ». On s’est regardés. J’ai souri. Tu as compris « C’est de ta faute, ça », tu m’as sorti un air interloqué avant de hurler un peu plus fort que nécessairement. - I WANNA DANCE WITH SOMEBODY WITH SOMEBODY WHO LOVES ME. C’était tellement faux que je me suis étouffée avec ma fumée. Et tu ne t’arrêtais pas, tu dansais d’un pied sur l’autre, les bras tournant dans tous les sens, la voix qui faisait n’importe quoi. Là, les gouttes d’eau ne sont plus tombées une à une. Tu avais réveillé l’orage qui grondait depuis le matin. Celui qui avait grisé ma journée et mes pensées. Celui qui m’avais fait t’appeler à cause d’un nouveau coup de blues. Voilà qu’il explosait enfin. Une averse diluvienne qui tentait de couvrir tes cris déchirants et passionnés que cette pauvre Whitney devait haïr. Tu étais là, à rire et chanter en sautant à pieds joints dans la poussière des pavés. Je ne sais pas si j’ai fini par rire de ta bêtise, ou si je riais parce qu’enfin je sentais une éclaircie dans mes pensées. Je n’étais plus triste ou mélancolique. Je n’étais plus maussade… Mes peurs étaient noyées par cette averse. Mes angoisses n’arrivaient plus à respirer. Mes pensées étaient submergées par quelque chose que je n’arrivais plus à reconnaître : un moment de bonheur à l’état pur. Et moi, j’existais. Sous les gouttes froides, le tonnerre et les éclairs, par les tremblements de mon corps, par le rire, par les larmes, par ta main qui serrait la mienne, par tout un tas de détails. Je ne trouvais plus les mots qui me faisaient peur, je ne trouvais plus les souvenirs qui me hantaient. Tout me semblait simple à cet instant… J’allais bien sous cette pluie, avec toi. Nos rires en étaient la preuve. Mes larmes n’étaient qu’un effet secondaire à mon bonheur. Parce que j’allais trop bien pour une fois.
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#Chapitre 05
- Pourquoi ? Tu n’as pas arrêté de me poser ce mot, sans aucune syntaxe logique à la suite. Pourquoi quoi ? Pourquoi la terre est ronde ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi Rimbaud et pas Mathilde ? Pourquoi Paris et pas la Province ? Pourquoi elle et pas toi ? Il y avait tant de pourquoi que je laissais en suspend que j’aurais pu en attraper un au hasard et te donner une réponse quelconque, peu intéressante mais dont tu te serais contentée. Seulement… Je savais pertinemment ce qu’était ton pourquoi. Ce pourquoi ne concernait pas une question existentielle ou une question sur mes choix personnels. Ce pourquoi concernait cette « elle » que tu ne connaissais pas. Elle t’avait toujours intéressée parce qu’elle n’était qu’un mystère dont tu entendais vaguement parler. Tu n’étais pas en adoration devant elle. Tu détestais le fait qu’elle avait tant de place dans ma vie alors qu’elle n’en faisait plus partie. Alors ce Pourquoi était simple : Pourquoi n’était-elle plus là ? Pourquoi étaitelle un souvenir qui nous hantait ? Pourquoi prenait-elle tant de place ? Et à ce Pourquoi je n’avais qu’une réponse : - Parce que. Parce que je l’avais un peu trop aimé. Mais pas comme il fallait. Je l’avais aimé avec un brin d’affection et beaucoup trop de maladresse (et même de timidité). On est toujours maladroit avec les personnes qu’on aime, tu n’as pas remarqué ? On n’ose pas leur faire mal alors on réfléchit avant d’agir et j’ai toujours trop réfléchi avec elle. Je l’ai encombrée, je l’ai bousculée et je l’ai écrasée. Je ne me suis même pas excusée. Je ne savais pas y faire. Je ne savais pas aimer. Alors elle est partie. C’est aussi simple que ça, je n’ai pas su l’aimer avec simplicité. Je l’avais aimé avec trop de pensées. Et maintenant je préférerais la détester.
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#Chapitre 06
On marchait sans but, sur les allées du Champs de Mars. Je ne sais pas pourquoi on était là. J’avais - et j’ai encore – en horreur les foules, tu le savais. Et pourtant, on se trouvait sur l’un de ces lieux typiquement touristiques de cette foutue ville. Donc entourées d’un nombre de personnes trop important au mètre carré. J’évitais sans le vouloir les crises d’angoisse. Une nouvelle fois, en l’espace de quelques pas à peine, je me retourne, persuadée que celle-ci avait ses cheveux (Ou peut-être étaient-ils plus court ? Plus foncés ?). Tu ne remarques rien. Tu me parles d’hier ou de demain. Je m’en fous. Elle a aussi ses chaussures mal lacées, une boucle coincée à l’intérieur, l’autre qui sautille à chaque pas. Comme elle. Ta main se glisse dans la mienne. Je ne me débats pas, tu me sais ailleurs. Ce n’était pas elle : elle ne mettait pas de vestes d’hiver. Seulement des vestes en jean, même quand il faisait moins quarante dehors. Je remarque alors ce qui cloche : un sac à main trop féminin, trop de bracelets qui tintent au poignet, le manque de quelques centimètres, une carrure trop fine. Je détourne mon attention de cette inconnue pour regarder nos mains désormais enlacées. Je n’avais qu’à t’écouter. Première démonstration d’affection en public. Je te hais. On se fait bousculer (moi plutôt que toi). Je te déteste. Un groupe d’Asiatique nous fonce dessus en bombardant la Tour Eiffel de commentaires qu’on ne peut pas comprendre. Putain de connards de touristes. Les mots ne m’échappent pas, mais ta main prend toute ma colère sous la poigne que j’exerce pendant qu’on se faufile parmi ces inconnus. Quelques mètres plus loin, j’aperçois trois brunes. Deux installées sur un banc. La troisième les prenait en photo. Elle a la même veste. Avec ce « Be a voice not an echo » brodé dans un amas de fils rouge et noir. Tu tires sur mon bras. Je ne dis rien alors qu’habituellement je t’aurais repoussé en te hurlant dessus. Je regarde cette veste et sa propriétaire. Elle n’a pas de sac… Elle a des vans usées. Un jean remonté sur des chaussettes dépareillées… C’est tellement naze. C’est exactement ce qu’elle pourrait mettre… Mon cœur se serre. Il espère en silence. Elle se détourne de ses amies pour sortir un téléphone de nul part. Ce n’était pas elle. Mon ventre se tord lentement dans une sorte de nœud d’arrêt. J’ai envie de vomir mon espoir à tes pieds. Ou aux siens. Je me fais du mal. Sans arrêt, à chaque fois que je regarde quelqu’un dans la rue. Je la vois partout, tout le temps, dans toutes les foules, dans toutes les ombres. Je ne la cherche pas vraiment, pas consciemment en tout cas. Je la cherche alors que je la sais absente, s’en est pathétique. Il ne manquerait plus que je souffre de tout ça. Que mon cœur se mette à se tordre dans un sens ou un autre, qu’importe. Que ma gorge se serre et que quelques sanglots se fassent entendre dans ma voix. Non. Je n’en étais pas encore à ce point. Je n’avais que quelques hallucinations vacillantes d’elle, de pâles copies dues à un chagrin d’amour, à une démence amoureuse. Elle n’était pourtant pas si banale, dans mes souvenirs. Alors pourquoi a-t-elle des sosies aux quatre coins de Paris ?
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#Chapitre 07
- Si tu la recroisais aujourd'hui, tu lui dirais quoi ? Encore une question idiote qui résonnait dans mon appartement. Pourquoi posais-tu sans cesse des questions sans intérêt ? Des questions qui remuaient le couteau dans la plaie. - Beaucoup de choses. Je te réponds d'un ton las, à peine caché. Tu me saoules en ce moment et tu le sais très bien. Qu'est-ce que ça peut te faire, ce que je lui dirais ? Qu'est-ce que tu en as à faire des "Je t'aime" oubliés ? Du "C'est Come on Eilen, la chanson que tu cherchais après avoir vu le Monde de Charlie" ? Du "Bébé" qui sortirait de mes lèvres dès que je la verrais ? Des "Tu m'as manqué" que j'ai arrêté de lui crier ? Du "C'est rien, tu sais" que je lançais quand elle me disait qu'on ne pouvait pas se voir ? Des "Vas te faire foutre" que j'aurais dû lui lancer quand elle m'a quitté ? Rien. Ça ne peut rien te faire parce que ça ne te concerne pas.
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#Chapitre 08
« Viens chez moi, on se mettra sous la couette pour écouter la pluie tomber. » Je viens de retrouver ce message, vieux de plusieurs semaines, au fin fond de nos conversations. Je me rappelle de cette soirée, enfin plutôt de la nuit qui en a suivi. Je me souviens du vendredi ou quoi que c'était du samedi vu l’heure qu’avait affiché mon téléphone portable. La nuit dominait, sauf dans l’unique pièce de mon appartement : les volets étaient fermés, mais ma veilleuse trônait fièrement au milieu des draps, allumée malgré ses piles usagées. Semblable à une Lune miniature. Combien de fois t’étais-tu moquée de moi avant de voir l’utilité d’une boule lumineuse au milieu de la nuit ? Je te revois me dire que se balader avec ce « truc » était plus simple qu’ouvrir la porte de mon frigo pour te rendre aux toilettes sans t’éclater les orteils sur ma poubelle. Enfin bref. Tu dormais. Moi non. Insomnie ? Pas du tout. J’avais simplement perdu le fil des heures de sommeil que je ne pourrais jamais récupérer. J’avais des souvenirs qui tournaient dans ma tête. Des mots qui me venaient et repartaient. Des étincelles qui venaient enlacer mon cœur et de violents feux de joie qui broyaient tout le reste. J’aurais préféré être à ta place. Quitte à rêver d’elle, à avoir l’impression que son souffle était encore dans le creux de mon cou, que je n’avais jamais quitté ses bras. Que ce n’était pas ton nez mais le sien qui se frottait doucement contre mon épaule. Que c’étaient ses mains qui pressaient timidement mes hanches et son corps tout entier qui se blottissait contre le mien… Tu ne te rends pas compte à quel point toutes les nuits, je l’imagine dans ce lit. Et voilà que ce soir-là, tu comblais un vide d'envies bruyantes et peu effacées. Tu ne te doutais de rien, bien trop endormie que tu étais, marmotte. Si tu savais, je ne suis pas sûre que tu t’en remettrais. Je sentais les relents d’une bonne crise d’angoisse au fond de mes entrailles, un goût nauséabond de peur ou de panique dans des recoins de mes pensées, quelques restes d’obsession et un soupçon de détresse dans l’épave de mon corps. J’étais fatiguée, je crois. Pas fatiguée de sommeil, fatiguée d’elle. Ou plutôt fatiguée de l’aimer. D’éprouver cet amour, cette obsession. Ce désir d’elle. Cette envie d’être avec elle. Et parce que ce soir-là, je n’étais plus seule et que ça me rendait maladement triste. Je n’en trouvais pas le sommeil.
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#Chapitre 09
Ce n'est plus avec moi qu'elle : * Regardera les étoiles – sans les voir dans l’air pollué de Paris. * Demandera des explications sur Harry Potter, les poèmes de Rimbaud ou le spleen qu'éprouvait Baudelaire. * Enverra des musiques pour sous-entendre ses sentiments. * Donnera quelques lettres d'amour écrites de sa main. * Mangera des bavarois en plein milieu de la nuit par « simple faim » (et à mains nues) * Écoutera des musiques merdiques sur un balcon. * Écoutera l’orage se frotter aux volets pour « imiter le bruit d’un océan enragé » * Dormira l’une contre l’autre, sous des tonnes de plaids, quitte à mourir de chaud. * Regardera des films niais et débile. * Se disputera pour une machine à écrire offerte. * Se disputera sur la renommée de Levy ou Musso et leurs talents respectifs. * Fera du skate – je sais toujours pas en faire. [...] Foutue liste à la con. Je ne suis plus rien pour elle. Alors elle ne fera plus rien avec moi.
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#Chapitre 10
- Pourquoi t’es comme ça ? Je ne te regarde pas, je n’ai pas envie de te regarder depuis que tu t’es ramenée dans mon appartement alors que je ne t’avais pas sonné. Je veux sortir un flingue d’un placard et te tirer une balle calibre 7,62 entre les deux yeux. Cette question craint, tout comme toi ce soir. Tu n’arrives pas à me comprendre. Et moi je me prends toute ton inquiétude dans la gueule. Tu es terrorisée par cette amertume qui m’accable. Tu es intimidée par mes pensées que tu n’arrives même pas à deviner. Tu. Je. On le sait tous : Je ne suis rien. Rien de plus qu’un ensemble bordélique de pensées. J’attends que mon chagrin me noie. Que mon silence m’étouffe. Que mes questions existentielles s’entre-tuent. Tu aimerais que je t’en parle de mon chagrin, mon silence et mes questions. Tu aimerais que je te raconte ce que je ne lui ai jamais dit. Tu aimerais éclaircir mes ombres et raviver mes étincelles. Mais c’est foutu. Je te préviens d’avance, je pense que quelque chose ne va pas bien avec moi. Que mes silences sont trop bruyants. Que mes paroles sont trop muettes. Que mes pensées sont un foutoir digne d’un dépotoir. Tu en as marre de me voir « comme ça ». Et c’est tant mieux. Casse-toi. (Je ne pleure pas. Je m’effondre à ton départ. Parce que je n’avais pas besoin que tu comprennes ce soir. Je ne voulais pas être seule.)
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#Chapitre 11
Tu étais là, assise au fond de mon lit, écrasant une ou deux peluches, mon bouquin entre les mains, mon casque de musique sur les oreilles. Je t’avais ordonné de n’écouter qu’Ice Dance de Danny Elfman en boucle, tu m’avais obéi. Et je peux désormais t’avouer que c’était simplement parce que j’avais honte que tu voies le reste de ma playlist. Je dis souvent que je ne trie pas mes chansons, ce qui n’est pas faux. Mais c’est surtout que j’aime y garder ces chansons « inavouables ». Je ne les écoutes jamais, sérieusement j’ai une tronche à chanter du Stand Out de Powerline en pleine rue ? (Oui, je l’ai fait une fois, après deux bières et un jeûne un peu trop prolongé, mais ça ne compte pas). La mécanique du cœur de Malzieu entre les mains, tu dévorais les pages comme si tu le découvrais. Alors que je t’avais déjà lu plusieurs passages, à quelques occasions oubliées. Je te voyais faire sans hésitation, écrire au crayon dans les fines marges, surligner quelques phrases et cornées une ou deux pages. Tu avais oublié que c’était mon exemplaire et non le tien. Mais je te laissais faire. J’avais osé dire que j’adorais cette « histoire pour enfants », ça t’avait intrigué. Tu t’étais plongée corps et âme dedans. Et moi j’étais perdue. Perdue dans cette pauvre question que tu m’avais posée : « Qu’est-ce qui te fait peur dans l’amour ? » - Beaucoup de choses. Trop de choses. Tout, sans doute. Ça avait été ma réponse parce que je n’avais pas voulu m’étendre. Je n’avais pas voulu t’en parler. À la place je t’avais parlé de Jack et son cœur en horloge, tu m’avais piqué mon livre et je me retrouvais là, assise à ma table. Je suis comme Jack en amour : je ne dois pas tomber amoureux. Parce que c’est trop de sentiments, d’espoir et de tourments en même temps. Comment voudrais-tu que je survive à ça ? J’ai déjà du mal à vivre pour moi-même. - Quand j’étais avec elle, j’avais peur de tomber amoureuse d’autre personnes (entre autres). De… devoir partager mes sentiments pour d’autres. Je voulais que ce soit la seule qui me fasse sentir aussi vivante. Tu n’entends pas ça. Et j’en suis bien heureuse. Je n’avouerais jamais ça si tu m’entendais. Tu n’as pas à l’entendre. Continue de lire les pauvres aventures du cœur de ce petit Jack. Continue d’écouter le sublime morceau d’Elfman. Ignore mes murmures parce que je n’oserais jamais te les confier si tu m’écoutais. - Mais avec toi, j’ai peur de ne pas t’aimer assez. De toujours l’aimer de trop. De ne pas être assez vivante. Tu lèves le regard vers moi, visiblement mon murmure à déranger ta lecture. Ton regard se fait interrogateur, mais le silence autour de moi persiste. Je te montre les tasses prêtent pour ce chocolat chaud que l’on souhaite boire depuis des heures à présent. Je t’ai confié un secret, ce jour-là. Je te remercie de ne pas l’avoir entendu.
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