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Energie, matière, architecture
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Blog de Raphaël Ménard. Cultivons nos sept hectares de terrien. Dessins, textes et mathématiques autour de la densité et de son aménagement soutenable. Élucubrations sur l'énergie, la matière et l'architecture pour construire et enseigner.
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raphaelmenard · 1 year ago
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raphaelmenard · 1 year ago
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raphaelmenard · 3 years ago
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raphaelmenard · 4 years ago
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L'invention de la gare post-carbone
Publication de "L'invention de la gare post-carbone" en septembre 2021. « Si les gares sont nées avec la révolution industrielle, elles ont aussi accompagné toutes les mutations des sociétés depuis deux siècles. Cette concomitance, ce parallélisme embrasse une dimension planétaire ; la Terre et ses habitants se trouvent à un tournant historique, épilogue de notre civilisation thermo-industrielle. Réussir ce virage est une nécessité car nous sommes face à une situation critique et à un point de bascule : la biodiversité s’effondre, le climat se transforme à une vitesse vertigineuse, les ressources planétaires sont en tension alors que les désordres écologiques prolifèrent (pollution de l’atmosphère, des sols et des océans, emballement des risques pandémiques, etc.). Ces crises doivent réveiller toutes les énergies humaines. Elles sont de formidables opportunités de réparer notre monde. La créativité est stimulée par la contrainte, et à son échelle, AREP s’inscrit dans ce mouvement. Agence d’architecture pluridisciplinaire, elle s’est illustrée depuis plus de vingt ans en construisant des gares contemporaines en France et dans le monde. Aujourd’hui, AREP s’est défini une nouvelle mission : inventer un futur post-carbone. C’est selon cette ambition que je m’aventure sur quelques pistes, que je teste quelques hypothèses sur ce qui pourrait fonder le futur des gares, des gares post-carbone, afin de perpétuer cette merveilleuse histoire. »
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raphaelmenard · 4 years ago
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La table climatique
La table climatique est issue d’un questionnement lié à la sobriété énergétique des objets nous environnant. Son but est de créer des solutions améliorant le bien-être climatique, de façon simple et passive. Ce projet innovant de mobilier climatique, développé par Raphaël Ménard et Jean-Sébastien Lagrange dans le cadre de l’accélérateur de projets FAIRE, possède une très forte inertie thermique malgré sa finesse. Le secret : des matériaux à changement de phase encapsulés entre la surface en bois massif et la sous-face en aluminium anodisé. Le métal ondulé favorise les échanges thermiques entre la pièce et l’inertie thermique des MCP. Enfin, la géométrie de la tôle renforce l’efficacité structurelle de la table.
En savoir plus ici et le lien vers le booklet présentant la présérie là.
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raphaelmenard · 4 years ago
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Post-Combustion
" Si on acceptait de faire évoluer les toits et de susciter une nouvelle écriture, une nouvelle esthétique pour les toits parisiens, ce serait une façon d’entrer de plain-pied dans une vraie modernité écologique. "
Le lien vers le texte ici
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raphaelmenard · 5 years ago
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Passive Solar Heating through Glazing
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Ménard R., Souviron J., Passive Solar Heating through Glazing: The Limits and Potential for Climate Change Mitigation in the European Building Stock, Energy & Buildings, septembre 2020
Abstract
Glazing transparency provides buildings with valuable solar energy during periods of colder weather, thus contributing to the mitigation of climate change. However, this same transparency also leads to heat loss which can offset heat gains. Although the use of insulated glazing addresses this challenge by multiplying the number of glass panes, at the same time it reduces the solar factor and thus the heating potential. This article aims to estimate the potential for passive solar heating in Europe according to the energy performance of glazing.
This potential is undoubtedly a valuable resource for sustainable architecture. However, an analysis based on regional weather conditions shows a wide disparity in the energy savings that can be expected from a south-facing facade. These savings are most often well below a building’s average energy consumption and so a balance has to be found between the thermal resistance and the solar factor of glazing. In addition, the carbon footprint and cost of the most efficient glazing can considerably extend the environmental and economic payback time of a retrofit.
This research shows that the potential for passive solar heating is significant but only as long as each architectural situation is analysed according to its specific context and function. This potential would be even greater if windows were designed and used as adjustable facade elements to suit variations in weather and use.
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raphaelmenard · 5 years ago
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Energie, Matière, Architecture
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Cette thèse explore les relations entre l’architecture, l’énergie et la matière. Elle analyse l’influence de la disponibilité des matières et des énergies sur les métamorphoses de l’architecture au cours des âges. Elle présente les fondements d’une architecture renouvelable et d’un urbanisme soutenable, capables de s’affranchir des énergies fossiles et des matières non renouvelables. À cette fin, ce travail crée un pont entre deux approches : d’un côté celle issue d’une culture technique, auscultant la durabilité par des métriques de soutenabilité, de l’autre, par des réponses fruits de l’art de concevoir, de la culture du projet, d’une approche humaine et qualitative des enjeux environnementaux. Ce mémoire comporte 29 chapitres répartis en trois parties, chacun d’une vingtaine de pages, rédigés de telle sorte à permettre une lecture autonome.
La première partie « Une histoire en sept temps » consiste en une brève histoire de l’architecture, narrée selon sept séquences (du temps I au temps VII), dont le postulat est le suivant : la disponibilité et l’usage des énergies et des matières, leur caractère renouvelable ou non, sont les déterminants essentiels de l’art de bâtir et d’aménager. Selon cette dissection chronologique, en comparant les flux d’énergies et de matières, cette partie analyse sur un même plan plusieurs références à travers les âges. Plus tard, et depuis la Modernité, cette partie se positionne sur les impasses de théories ou de références considérées comme durables, qui porteraient tantôt - parfois excessivement - leur regard sur l’énergie (le temps V), ou au contraire sur la matière (le temps VI). Toujours selon ce référentiel énergie-matière, cette section ausculte des architectures singulières, les énergies renouvelables, ferments du temps VII, le terme de cette fresque. ( lire la partie 1 ici )
La deuxième partie « Éléments d’architectures renouvelables » propose des chapitres plus techniques, permettant d’aller plus loin sur les aspects quantitatifs du temps VII, ce nouveau paradigme de soutenabilité, intégrant également les contingences de l’urgence climatique. Pour cela, cette section fournit des outils pour dimensionner et proportionner un art de « concevoir renouvelable », à l’aune de quelques invariants terrestres. Cette partie interpelle les enjeux temporels et décrit la métrique des temps de retour écologiques ; elle propose quelques clés pour des aménagements soutenables, gouvernés d’abord par les densités de population. De façon plus personnelle, cette partie s’aventure dans le champ politique avec quelques propositions pour engager les transformations nécessaires : elles reflètent plus globalement les prises de position, parfois radicales de l’auteur, sur l’ensemble de ce document. ( lire la partie 2 ici ) 
Toutefois, sans pouvoir « donner forme » à ce temps VII, la troisième partie « Projets illustrés » décortique des expériences personnelles, réinterrogées selon les résultats des deux parties précédentes. Ce choix de projets, au cours de vingt années de pratique, illustre un large spectre d’expérimentations, de la petite jusqu’à la grande échelle, avec un regard rétrospectif volontiers critique. Avec quelques résultats nouveaux pour le temps VII, quelques chapitres proposent des développements théoriques afin de tester la dépendance des impacts énergie-matière à la dimension des artefacts analysés. ( lire la partie 3 là )
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raphaelmenard · 5 years ago
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L’âge des mobilités légères et positives
Podcast avec  Laure Choquer, mai 2020 ( lien )
“ Dans ce troisième et dernier épisode dédié au design et à la mobilité, je me suis entretenue avec Raphaël Menard [...] Ensemble nous avons parlé de trains, d’avions, de RER, de voiture, de vélo, de marche à pied, mais aussi de la vitesse, du temps, du travail, nous avons parlé chiffres et puis surtout nous avons discuter de l’urgence climatique…”
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raphaelmenard · 5 years ago
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Transformation
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Interview dans dans Transformation des situations construites, Canal Architecture, p95, juin 2020
En évoquant les limites de la construction reposant sur l’équilibre entre matière et énergie, va-t-on vers l’obsolescence progressive de la discipline de l’architecture au profit des sciences numériques ?
Je crois que nous sommes à un tournant historique, qui va au-delà de la discipline architecturale, et qui concerne autant le paysage, que le design, l'ingénierie…  L’obsolescence que vous pointez touche l’ensemble des arts et des techniques de l'aménagement et de l'édification. Ce siècle est un point de bascule pour ce que l’on nomme l'anthropocène, et nous sommes les « prescripteurs en chef » pour contrecarrer les cinq crises systémiques suivantes :
1.      L'énergie, ou comment se sevrer des hydrocarbures, mater notre gabegie énergétique, et pour paraphraser Gilles Clément, recréer un « jardin planétaire » des récoltes énergétiques permettant demain un approvisionnement 100% renouvelable.
2.      La matière, ou comment enrayer la ponction sur les ressources non renouvelables, construire et transformer « léger » avec un recours majoritaire au réemploi, au biosourcé et au géosourcé. L’utilisation d’une matière vierge sera l'exception.
3.      Le carbone. Tout faire pour la neutralité en 2050, c'est à dire un bouleversement de nos modes de vie, d'habiter, de consommer et de se déplacer. Cela réclame des actions immédiates et de viser chaque trimestre une réduction d’au moins 1% de nos émissions pour tenir le marathon. Un vrai « Weight Watchers du carbone ». Moins de CO2, c'est aussi moins de travaux, et cela interpelle notre quête effrénée du projet neuf.
4.      Le climat, ou comment anticiper le coup déjà parti du réchauffement, amortir les modifications du climat et adapter nos espaces de vie avec les conséquences en termes de confort, de santé et de risques (tout en intégrant la résilience sanitaire post-covid )
5.      La biodiversité, sans doute le défi majeur, pluriel et hautement complexe. Tout faire pour enrayer la sixième extinction de masse et réduire l’artificialisation de nos terres.
Chaque projet, chaque situation est à interroger selon la conjugaison de ces défis. Chaque acteur, quel que soit sa place au sein de la chaîne de l'acte de construire, doit défendre et porter ces enjeux au sein du parlement du projet. Mais malheureusement, la très grande majorité des projets actuels ne répondent encore que trop timidement à ces défis.
Toutefois, oublions un instant cet ébranlement. Imaginons que ces cinq crises n’existent pas. L'architecture sera malgré tout confrontée à une profonde remise en cause. Depuis Vitruve, l'architecture a été une discipline de la croissance, alliée du développement économique et de l'extension du territoire des hommes. Depuis des siècles, la dynamique de la discipline se porte principalement vers le flux d'édifices nouveaux, venant s'additionner à un stock déjà bâti. Mon hypothèse est que nous atteindrons prochainement le pic de ce stock construit, le maximum du clos et couvert mondial. Ce cap, cette limite est une révolution : la discipline mutera et s’intéressera essentiellement à l'existant et à la déconstruction savante.
Et concernant la tension avec le numérique, dans ce paradigme, l'intervention sur un existant réclamera humilité et finesse. De la subtilité : une qualité parfois oubliée par la construction neuve, générée avec le peu de contraintes de la tabula rasa, et en quête de « wahou effect ». Ainsi je crois peu au « grand remplacement » par Deep Blue ou à l'extinction de nos métiers par l'intelligence artificielle. Les sciences numériques sont assurément des outils d'inspiration et d'exploration ; de recherche pour certaines optimisations. Je plaide pour un retour en force de la règle de trois, du bon sens et surtout, de la compréhension globale des enjeux physiques, des lois naturelles pour bien appréhender les cinq crises. C'est ce que j'ai appelé les "nombres flous" dans mon ouvrage Energie, Matière, Architecture[1] : aborder les sciences avec l’épaisseur du trait d’un crayon 4B, avec la liberté et le plaisir de bricoler une maquette en roofmate. Je crois en l’équilibre entre l'analogique et le numérique utilisé à bon escient.  
Pensez-vous que la force d’action des majors et des big engineering soit indispensable pour proposer des modèles alternatifs et frugaux ?
Il y a beaucoup à apprendre des agences qui ont expérimenté des modes constructifs (ou des méthodes d’élaboration du projet) perçus comme alternatifs : recours aux matériaux végétaux ou en terre, au réemploi etc. mais aussi décloisonnement entre la typologie traditionnelle des acteurs (maître d’ouvrage, maître d’œuvre et constructeur). Avec curiosité et humilité, les majors devraient s'inspirer de ces avant-gardistes de l'expérimentation, de ces hérauts de la construction dissidente et légère, qui ont d’ailleurs aussi un projet humain et social très fort pour tisser de nouvelles solidarités locales : Mockbee, Rausch, Murcutt, Baker, pour citer les plus connus d'entre eux.
Mon sentiment est que cette frugalité s'imposera de toute façon, de gré ou de force. Tôt ou tard, elle sera "mainstream". Depuis mon arrivée il y a un peu plus d'un an à la tête d’AREP, nous avons l’ambition d’être une référence de cette exploration. C’est un signal important qu'un bureau comme AREP réunissant près de 1000 personnes en France et à l'international, mêlant architectes, designers, urbanistes, ingénieurs, experts se positionne comme « militant » pour relever les cinq défis présentés dans la réponse précédente. C'est notre combat. Ces enjeux sont au cœur de notre stratégie. Et dans sa mise en œuvre, nous souhaitons être un à la fois un catalyseur, un incubateur de cet écosystème, un « laboratoire d’interactions » avec tous les acteurs, et particulièrement les petites agences en pointe sur les questions écologiques et sociales.
Vous prévoyez, pour demain, de construire avec une production qui soit renouvelable et à long terme. Comment peut-on s’y prendre ? Avez-vous des exemples ?
Écoutez, ce n’est pas une prévoyance, c’est une nécessité. Il n’y a pas d’autre alternative. Depuis deux cents ans, nous vivons sur un stock énergie et matière, non renouvelable, que nous avons dilapidé, et avec les externalités que l’on connaît : pollutions, émissions massives de gaz à effet de serre, déclin du vivant… Il y a urgence à fonder une nouvelle modernité, basée sur une compréhension fine du métabolisme global. Une « renaissance écologique », décrite avec passion par Julien Dossier[2]. Concernant l’énergie, il y a deux siècles, l’humanité était 100% renouvelable. Certes nos besoins étaient 70 fois moindre. Mais nos aïeux savaient cultiver l'énergie : la biomasse tirée de la photosynthèse, mais aussi, ça et là, l'eau et le vent avec les moulins. Aujourd’hui en 2020, si nous savions convertir les 0,02% de l’énergie solaire touchant le sol de notre planète, nous serions 100% renouvelable. Et ce ratio sera plus faible encore après une nécessaire décroissance énergétique, avant l’annulation d’une multitude de nos consommations inutiles… Ce nouvel horizon énergie-matière-carbone, c’est ce que je décrivais comme le septième temps d’une histoire de l’architecture passée au prisme énergie-matière[3].
Et pour prendre un exemple, il y a le Solar Sinter, cette installation du designer Markus Kaiser. Elle est inspirante et démontre les capacités d’autosuffisance en énergie et en matière avec une expérience a priori simple. En plein désert, le Solar Sinter crée des objets tridimensionnels en exploitant uniquement le soleil et le sable. Kayser a créé le premier fablab du désert, une imprimante 3D se nourrissant exclusivement de sable (la matière) et de soleil (l’énergie). Ce dispositif léger se compose d’un petit panneau photovoltaïque et d'une lentille de Fresnel, destinée à concentrer la lumière de sorte à transformer le sable en verre. Le tout est combiné à un logiciel qui permet de déterminer la forme de l'objet à créer et à piloter la position du point focal sur le plateau, nappé d’une pellicule de sable. La lentille de Fresnel concentre optiquement le soleil et permet d’atteindre une température au foyer de loupe autorisant la liquéfaction du sable. Avec cette démonstration, l’installation de Kayser permet de spéculer sur une utopie constructive, celle de chantier se nourrissant de ressources renouvelables locales (l’énergie et la matière) et pouvant générer toute sorte de formes, sous réserve que nous en fournissions le projet ou le « génome de la forme » (l’information).
Pouvez-vous préciser ce que sont les « territoires de récolte énergétique » et la « séquestration de carbone» ?
Les territoires de récolte énergétique, ce sont nos « bassins versants d'énergie ». C’est l’observation minutieuse de la mosaïque des capacités productives d’un territoire donné. Cette notion décrit la capacité d'un territoire à convertir les flux renouvelables le traversant, comme par exemple une parcelle végétalisée produisant la biomasse issue de la photosynthèse, de l'électricité si une partie du territoire est couvert par des panneaux photovoltaïques, ou par des éoliennes etc. Nous avions établi une méthodologie complète dans le cadre d’une recherche[4] pour quantifier et visualiser ce « mode d’occupation énergétique des sols ». Chez AREP, nous le mettons maintenant en œuvre dans nos projets, comme récemment lors d’un concours pour une gare maritime. Chaque situation est une opportunité de récolte énergétique et notre crédo est de profiter de chaque projet comme une opportunité pour aller le plus vite possible vers un monde 100% renouvelable, tout en réduisant de concert nos consommations d’énergie.
Au sujet de la séquestration carbone maintenant. La forêt sera l’un des aménagements indispensables pour rendre tangible la neutralité. Toutefois, la contrainte induite par la neutralité carbone engendre un flot considérable de matières ligneuses à stocker durablement. L’architecture et les aménagements devront muter en « Fort Knox » du carbone. Dans le cadre de la stratégie de neutralité que nous avions décrite dans Paris change d’ère[5], pour des Parisiens passés à deux tonnes annuelles de CO2 en 2050, et afin d’assurer la nullité de leur émission, ils leur seront « virtuellement livrés » chaque année l'équivalent de deux mètres-cube de matières biosourcées. Étalés sur les 100 km² de l’emprise parisienne, c’est la surface parisienne qui croitrait annuellement de quatre centimètres ! Ce « torrent de matières renouvelables » est trop important pour le cycle de vie de la seule architecture. L'infrastructure devra aussi faire sa part et utiliser massivement utiliser du bois. Sans quoi, nous ferons sinon des montagnes de bois, des maçonneries tectoniques, sortes de Guizèh de la séquestration carbone.
Quelles sont vos références en matière de transformations réussies de bâtiments, de paysages, de territoires ?
Je garde un souvenir ému d’une très belle visite au cours d’un voyage au Mexique. C’était à Oaxaca lors de la découverte de l’ancien couvent de Santo Domingo de Guzman, édifice transformé en musée ethnographique, entouré d’un magnifique jardin. Dans la maçonnerie de pierre, dans certaines parties de la façade, on distinguait des entablements sculptés, précieux. Le contraste entre le brut et le raffinement. Rem Koolhaas a opéré une stratégie analogue avec sa Casa da Música à Porto au Portugal. Dans cette géométrie brute, on distingue sur la partie haute du prisme, la grâce et la finesse de vitrages ondulants et cintrés. De l’orfèvrerie transparente. Le précieux est local, frugalité du luxe, une venustas sous contrôle. Koolhaas modère ainsi l’investissement en matière, en énergie, en pollutions variées et en temps humain. En exprimant l’attention et l’effort ponctuellement, cette insertion rejaillit sur le tout, qui devient l’écrin du bijou. La puissance du contraster entre le brut et le précieux est un levier puissant de l’émotion spatiale.
Dans son histoire construite depuis plus de vingt ans, AREP a investigué à travers plusieurs références cette interaction, cette dialectique entre la forme construite et tantôt la contrainte « matière », tantôt la contrainte « énergie ». En termes d’architecture-énergie, je pense à la gare de Bellegarde en Savoie, dôme capteur solaire, « coupole-Trombe » absolument unique, faîte de bois et d’ETFE. Dans un registre plus technologique, la gare Besançon avec ses puits canadiens et ses panneaux photovoltaïques est une référence avant-gardiste. Autre référence, plus récente et livrée à la fin 2019, la gare-jardin de Nîmes Pont du Gard s’inscrit dans un paysage naturel riche et complexe. Le projet est composé avec les « ingrédients vivants » du site : un milieu peu construit, un biotope avec de très beaux arbres, une topographie et ses terrains perméables. Aussi, un travail exemplaire de topographie a été réalisé avec une logique circulaire de déblai-remblai, circonscrite au périmètre de projet.
Raphaël Ménard, mai 2020
[1] Menard R., Energie, Matière, Architecture, doctorat d’architecture, 599p., Novembre 2018
[2] Dossier J., Renaissance écologique : 24 chantiers pour le monde de demain, Actes Sud, 2019
[3] Menard R., Energie, Matière, Architecture, doctorat d’architecture, 599p., Novembre 2018
[4] Menard R. et al., Reforme, rapport final de l’équipe Reforme, programme de recherche Ignis Mutat Res - Penser l’architecture, la ville et les paysages au prisme de l’énergie-, 292 pages, avril 2014. Intégralement consultable à cette adresse : https://bit.ly/3bPhmtc
[5] Dossier J., Menard R. et al., Paris, change d’ère. Stratégie de neutralité carbone de Paris en 2050, 2016
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raphaelmenard · 5 years ago
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Milou en Mars
“ Lundi 16 mars 2020, ultime mouvement brownien, dernières migrations avant le « un, deux, trois soleil » républicain décrété en haut lieu : Françaises, Français, choisissez votre emplacement. On découvre quelques jours plus tard des métropoles partiellement vidées. Cela rappelle Milou en Mai,  le film de Louis Malle de 1990 qui relate au moment des événements de mai 1968, une tranche de vie champêtre d’une famille bourgeoise ayant déserté Paris pour la maison familiale située dans le Gers. Depuis ce 16 mars donc, la carte française des présences humaines est singulière, les hautes densités se sont étalées, diffusées dans les territoires ruraux, et tout particulièrement dans les lieux de villégiature. Tel un serious game géographique, sorte de jeu de distanciation maximale sous contraintes, nous avons moyenné nos densités, en tentant de nous écarter au maximum les uns des autres. […] “
Texte entier là
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raphaelmenard · 6 years ago
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Critical Densities
Article paru dans  Local Energy Autonomy: Spaces, Scales, Politics, Fanny Lopez, Margot Pellegrino, Olivier Coutard (sous la dir. de), éditions ISTE Ltd, mai 2019
Ménard R., Critical Densities of Energy Self-Sufficiency and Carbon Neutrality, chapitre 5, pp87-118
Article dispo ici
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raphaelmenard · 7 years ago
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Villes post-carbone : fake news ?
Texte paru dans le tiré à part AA « Bordeaux Respire », publié à l’occasion de la 8ème édition du prix Bas Carbone.
“Il y a un an et demi, à l’issue de la COP21, l’Accord de Paris fixait un nouveau cap : tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement global à +2°C et viser idéalement +1,5°C à la fin de ce siècle, par rapport à l’ère préindustrielle. Traduction de cet objectif en émissions : un monde neutre en carbone après 2050 (soit une perspective plus ambitieuse encore que le « facteur 4 »). En reprenant les chiffres précédents, en imaginant que les émissions nettes passent de 5 tonnes à 3 tonnes par personne et par an, il faudrait alors que ce soit associé à chacun d’entre nous un hectare de forêt. Premier enseignement de la ville post-carbone : elle réclame son « dual territorial ». L’urbain requiert son « bassin versant carbone », territoire rural et forestier ; un puits carbone à grande échelle compensant le « pic » de densité d’émissions de la ville.
La ville post-carbone suppose une mise à jour de nos infrastructures de mobilité, comme de nos bâtis pour une plus grande efficacité, une plus grande simplicité, une plus grande frugalité. Mais pas de miracles technologiques, ni de wild cards prométhéennes : arbres sur les toits, smart cities, voitures autonomes etc. : ils ne seront pas les conditions suffisantes pour cette formidable transition. Souvenons-nous que la technophilie a aussi parfois engendré des effets-rebonds contre-productifs. Dommage, en 2008, nous réfléchissions pourtant déjà à la métropole post-Kyoto dans le cadre du Grand Pari(s)[1]. Qu’en reste-t-il ? Le Grand Paris Express ne sera pas l’alpha et l’oméga de la métropole zéro-carbone.
A différentes échelles, ce sont ces joyeux combats du bas carbone ; par exemple notre édicule d’entrée de la Porte Marguerite de Navarre à Châtelet, en bois[2], neutre en carbone. Mais l’urgence est avant toute chose culturelle. Il y a 16 ans nous apprenions à convertir les Francs en Euros. Maintenant, il faut apprendre à compter en carbone pour prendre conscience, mesurer l’impact considérable du contenu de nos assiettes, de nos modes de mobilité (être seul dans sa voiture, prendre l’avion pour des city break etc.) comme de nos choix de consommation. Il faut interroger l’ambivalence des métropoles vis-à-vis de la manne économique du tourisme et de ses effets induits côté CO2 par le transport aérien. La ville post-carbone sera cette « masse critique culturelle », cette communauté de conscience responsable, solidaire et inclusive. C’est ce que nous tentions de dessiner à Lille avec notre projet, la Fabrique de la Renaissance[3] et son récit prospectif l’accompagnant[4]. Dernier enjeu enfin : l’adaptation au changement climatique. Par précaution, il est possible -et certains diront probables- que le réchauffement climatique ne puisse être endigué à hauteur des ambitions de l’Accord de Paris. Les villes sont des biotopes particuliers, hautement sensibles à la fragilité des réseaux du fait de l’intensité de leurs métabolismes. Nos cités se comportent comme des amplificateurs aux dérives climatiques : voilà pour le dessert des villes post-carbone, des densités humaines joyeusement préparées et hautement résilientes !” 
RM
[1] Menard R., Introduction au développement durable (p134 à 139), Naissances et renaissances de mille et un bonheur parisien, J. Nouvel, JM Duthilleul et M Cantal-Dupart, Les éditions du Mont Boron, avril 2009, 638 pages.
[2] Edicule place Marguerite de Navarre pour la RATP. 169-architecture et Elioth, 2017
[3] Lauréat du concours EDF Bas Carbone 2015 pour la Fabrique de la Renaissance avec 169-architecture, Obras et Elioth, décembre 2015
[4] La Renaissance des Fabriques. Un monde possible en 2050. 40p. Octobre 2015
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raphaelmenard · 7 years ago
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Faire et refaire du verre
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Projet lauréat de FAIRE 2017, Éditions du Pavillon de l’Arsenal, octobre 2018. 169 architecture et Elioth : Adrien Escoffier, Jean Souviron, Vincent Dellac, Sonia Zerhouni et Raphaël Ménard. Lecture en ligne ici.
”Inauguré en 1977, le Centre Pompidou (Renzo Piano et Richard Rogers, architectes) fait aujourd’hui l’objet d’une campagne de rénovation. Après quarante ans de vie, la « chenille », nom donné aux escaliers mécaniques et aux coursives de la façade ouest, réclame sa mue : une rénovation de son enveloppe de verre dont les travaux commenceront fin 2018. S’agissant de quelque deux mille vitrages courbes, ce chantier représente un enjeu important de sauvegarde d’une ressource matérielle précieuse. Les verres de cette architecture iconique ont à l’évidence une valeur emblématique.
En 2017, le cabinet d’ingénierie Elioth, en charge de la rénovation de cette façade, a suggéré l’auto-réemploi d’une partie des vitrages en mettant en avant les enjeux économiques et écologiques. Une large part des verres seraient démontés, nettoyés puis remis en place. Toutefois, cette stratégie ne suffisait pas à éviter la mise au rebut de plus de mille verres. Lauréate de l’accélérateur « Faire », l’agence 169 architecture a donc proposé de réfléchir, avec Elioth, à une autre issue que la décharge pour ces splendides composants. Cet ouvrage détaille cette stratégie. Elle met en lumière un devoir des concepteurs, lanceurs d’alerte pour faire tourner la matière. Le texte décrit le gisement de cette « géométrie grise », clin d’œil à l’exposition « Matière grise » présentée au Pavillon de l’Arsenal en 2014. Au fil des pages, les propriétés de ce stock de matières finales sont caractérisées, dans le but de leur redonner le statut de matières primaires : des éléments d’architectures potentielles à venir. En dernière partie, trois esquisses illustrent plusieurs typologies de réemploi. Ces propositions sont une main tendue aux collaborations, à tous les acteurs qui souhaiteraient construire un futur avec ces matières. Au-delà de cette démonstration, alors que Paris a été le théâtre des mises en œuvre les plus sophistiquées du verre pendant les deux premières révolutions industrielles, il est urgent d’ouvrir un laboratoire urbain du réemploi du verre. Cette matière pérenne, splendide et fragile réclame une expertise spécifique. À l’heure des transitions conjuguées – climat, énergie, matière –, comment composer une verrière, une double peau avec un élément verrier de seconde main ? La publication que voici souhaite aussi catalyser cette réflexion théorique et pratique.” RM
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raphaelmenard · 7 years ago
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Fonder une grande école dédiée aux transitions
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La première et la deuxième révolution industrielle ont eu leurs grandes écoles. À l’heure de la Modernité naissante, au tournant du 18ème et 19ème siècle, les états, emportés par le premier mouvement thermo-industriel (et la France était aux premières loges), créaient les institutions assurant les formations de haut niveau, en osmose avec leur époque. La thermodynamique, les machines à vapeur, l’acier, le charbon, le fer et l’acier réclamaient leurs ingénieurs.
Les cinq mues contemporaines - énergie, climat, matière, démographie et numérique - réclament elles aussi de nouveaux corpus disciplinaires et sans doute d’autres façons d’enseigner, avec en ligne de mire, un paradigme différent que la course à la croissance. Et si l’Europe, ou à moindre échelle la France, créait une haute école écologique multidisciplinaire ?
Cette grande école transmettrait à la fois les savoirs scientifiques et techniques fondamentaux ; elle investiguerait aussi les modèles macro et micro-économiques des transitions comme ceux de la post-croissance ; elle interrogerait les modes organisationnels, institutionnels et culturels pour préparer les mondes d’après. Elle s’intéresserait à l’agriculture, à l’urbanisme, à l’architecture et au design. Cette haute école européenne utiliserait les qualités et les infrastructures des grandes écoles actuelles. Elle serait hybride entre moocs et un réseau physique avec les institutions  actuelles. Elle proposerait un parcours d’excellence pour former des élites pour les transitions.
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raphaelmenard · 7 years ago
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Mobilité légère du futur
A quand le pic de l'automobile ? Selon une étude publiée par l'Argus, la voiture neuve n'en finit pas d'enfler, elle continue de prendre du poids, ses émissions moyennes repartent à la hausse. Entre temps, PSA a récupéré l’imaginaire de la DS, pour le détourner dans une marque ‘premium-bling-bling-cocorico’. Renault relance Alpine et propose des SUV low-cost avec Dacia. Chers grands constructeurs nationaux, à quand une marque dédiée à la mobilité très légère, frugale et décarbonée ? Nous n’avons pas besoin de SUV, fussent-ils hybrides ou électriques, s'ils continuent d'afficher plus de 1300 kg. Nos automobiles sont boursouflées : svp, divisez par quatre cette valeur, elles seront d'autant plus belles. Et si l’automobile appliquait la définition des structures légères ? Une masse inférieure aux charges d’exploitation, soit 4 à 5 humains et leurs quelques bagages : 400 kilos ? Si vous avez ce projet dans vos cartons, et que comme écrivait le regretté Roger Talon, vous voulez (re)faire du design et non pas du stylisme, je veux bien en être ! Ce rêve avait été raconté dans la Renaissance des Fabriques, récit prospectif que j’avais rédigé pour le concours EDF Bas Carbone en 2015, gagné par 169, Obras et Elioth.
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L’Inde réinvente la voiture. [...] En effet, depuis 1950, l’épopée industrielle de l’automobile avait connu un renversement majeur aux alentours des années 2025. Alors que jusqu’à cette date, la production s’organisait autour du trio industriel Etats-Unis, Europe et une partie de l’Asie (le Japon, la Corée et la Chine), ces trois mastodontes continentaux n’avaient pas anticipé la réinvention discrète (mais virale ensuite) de la mobilité en Inde. L’Inde était en effet le lieu idéal de cette émergence : l’addition du rickshaw avec les IT et les préceptes du Do It Yourself. Alors que Tesla-Volkswagen dominait le marché avec des engins certes performants, fiables et à très bon rapport qualité-prix, ils avaient cependant plusieurs défauts : peu compacts (nous étions encore dans le paradigme du crossover et du bling-bling automobile initié dès le début du siècle) et peu réparables. Le software pouvait évoluer mais pas le hardware. La vielle industrie automobile voulait encore contrôler l’obsolescence de ses produits. Dans un garage, en 2019, un inventeur indien, Luxman Works, avait défini un design génial : la rencontre de la 2CV et du Lego, combinés au Arduino, pour la partie « mobilité autonome ». Works était une sorte de synthèse de Steve Jobs, d’Alec Issigonis et d’Ole Kirk Christiansen. Conçu et diffusé de façon opensource (mais réservé au souscontinent indien, un rebond de la fierté nationale post-gandhienne), son rickshaw écologique et autonome était désormais imprimable et personnalisable par toutes les échoppes indiennes. C’était très peu cher, léger (moins de trois cents kilos) facilement transportable (en kit) et d’ailleurs largement diffusé par un partenariat exclusif avec Ikea. On pouvait le réparer et le transformer de façon continue et sans être garagiste. En 2035, la moitié des voitures qui circulait dans le monde était un eco-rickshaw.
Et il y avait également un extrait de l’article que j’avais écrit pour l’Architecture d’Aujourd’hui en 2011 et le dessin l’illustrant.
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Vers la décroissance automobile ? La fin des dinosaures – les SUV et autres CrossOver, les monospaces et les 4x4 ? L’impasse de l’hyperconfort et finalement de l’hypermoi (la mode du premium et toutes ces bêtises). A-t-on réellement besoin de vitres et de sièges électriques par exemple ? La fin de la militarisation de l’espace public : des objets qui en reprennent sinon la morphologie voire l’aspect (exemple la couleur mate disponible de la dernière création de Zuffenhausen, par exemple) : le citoyenautomobile se blinde dans son énorme bouclier de métal prenant la forme agressive du Sport Utility Vehicule. Ou comment, en 50 ans, l’automobile a au moins doublé son poids moyen et son emprise spatiale sur l’espace public : la sécurité a définitivement trop bon dos (et l’aphorisme de Souchon n’est pas loin (2)) Rappel des faits : - 1950, 2CV Citroën, 600kg, 5m² au sol et 25 chevaux. - 2010, Audi Q7, 2.500kg, 10m² au sol et 300 chevaux. La puissance de feu des nos projectiles automobiles n’en finit pas de croître. A quoi donc ont pensé les constructeurs hormis à rendre nos désirs obèses ? Aujourd’hui, l’émergence des hybrides, les sorties (trop) tardives de la voiture électrique, la mode en cours sur le downsizing des moteurs : on repense à l’efficacité (conversion du besoin en énergie finale). Mais le vrai sujet est d’abord : matière = alléger espace = compacter temps = mutualiser. Rêvons à la victoire des Midgets japonaises, à l’arrivée sur le marché de l’Aptera, à la résurrection de Colin Chapman (les Lotus et leur fabuleux rapport poids-puissance) et d’Alec Issognis (la merveilleuse compacité de la première Mini). Heureusement le génial Gordon Murray va nous sauver avec sa T25 !
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raphaelmenard · 7 years ago
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Interview dans Cadre de Ville
” Raphaël Ménard, l'architecte du zéro carbone ”
Après avoir monté Elioth, une agence d'ingénierie spécialisée dans les projets bas carbone au sein du groupe Egis, Raphaël Ménard a lancé l'agence d'architecture 169 il y a deux ans pour développer des projets orientés vers le zéro carbone. Une démarche innovante qui pose la question des émissions grises dans l'architecture contemporaine.
Cadre de Ville - Pourquoi créer une agence d'architecture quand on a déjà une agence de conseil ?
Raphaël Ménard - On a créé une agence en lien étroit avec Elioth pour gagner en opérationnel, sur des projets dont l'ambition écologique celle en termes d'empreinte carbone serait au cœur de la commande. Quand on intervient en tant qu'ingénieurs, on est bien souvent le ghostwriter écologique du projet. L'agence d'architecture nous permet dans certaines situations de déposer des permis de construire, et de descendre dans la chaîne de production tout en ayant la possibilité de développer des projets plus radicaux. Dès le lancement de l'agence, on a été lauréat avec Obras de la septième édition du concours EDF Bas Carbone lancé à Lille, en 2015,qui portait pour la première fois sur un quartier entier. Notre projet, la Fabrique de la Renaissance, intégrait ateliers et usines dans le cœur de la métropole, mais il apportait surtout l'autonomie énergétique grâce au Duc, une infrastructure logistique et énergétique low tech. On a pu répondre sur cet appel à projets avec un pas de côté par rapport à la façon dont les agences répondent habituellement à ces concours bas carbone : le but n'était pas de faire un écoquartier, mais bien une usine, un tissu d'artisanat et d'industrie concentré sur les transitions énergétiques. Cette tendance au low tech se voit même dans les rendus, où l'on a proposé du dessin, et pas des perspectives photoréalistes. 
C.d.V - Comment apporter du low tech aujourd'hui dans les projets urbains ? 
R. M. - On aimerait par exemple proposer des choses dans le cadre des sites parisiens de Reinventing Cities, comme des franchissements bas carbone, c'est-à-dire des passerelles qui ne soient pas réalisés avec seulement des matériaux très performants mécaniquement mais souvent très émetteurs de CO2. On a également réalisé l'édicule de la sortie Marguerite de Navarre pour la station de métro Châtelet - Les Halles, tout en bois, après avoir proposé le réemploi des vitrages de la Samaritaine, juste à côté. Mais la RATP y a vu une source de complexité trop importante. dans le temps imparti pour sortir le projet. Le low tech passe donc aujourd'hui beaucoup par le réemploi. On peut prendre un dernier exemple : on a été retenu dans le cadre de FAIRE, l'incubateur à innovations lancé par le Pavillon de l'Arsenal, sur le sujet des vitrages de la Chenille de Beaubourg. Elioth avait été retenu comme maître d'œuvre pour la rénovation des vitrages, environ 3000 m² de vitrage, et on a rédigé un manifeste pour conserver les vitrages déposés, qu'on a proposé dans le cadre de l'appel à projets FAIRE. 169 et Elioth réfléchissent ainsi à la multitude de projets possibles et réalisables avec les vitrages cintrés du centre Pompidou. 
CdV - Quel rôle de la matière aujourd'hui dans le zéro carbone ? 
R. M. - Je pense qu'il y a une question infrastructurelle, et une question architecturale. Comment utiliser la matière à bon escient quand on veut franchir une grande portée, par exemple ? En ingénierie des structures spéciales, ce qui prime, généralement, c'est l'indicateur de la performance, c'est le poids de la structure. "Poids nul et portée infinie", c'était l'adage de Robert Le Ricolais. Même paradigme chez Frei Otto et tous les mavericks des structures légères. Le dimensionnement environnemental des structures reste à notre sens largement à documenter aujourd'hui. Il faut totalement repenser le high tech et les critères d'élégance à l'aune de la mesure du carbone gris et de la crise des matières fossiles. La deuxième question est davantage architecturale, c'est ce que j'appelle le dilemme carbone : on a d'un côté le carbone gris, nécessaire à la fabrication des matériaux, et de l'autre la consommation du bâtiment final, et donc les émissions induites en usage. Il y a donc un dilemme à privilégier la consommation de carbone gris ou de carbone en usage. Par exemple : un triple vitrage, c'est 40 kg de CO2, un simple vitrage, c'est 10 kg. Très souvent, quand on applique de façon un peu automatique le catéchisme de la durabilité, on va vers le triple vitrage, l'isolation renforcée, sans se poser la question de la finalité du bâtiment. Selon les contextes climatiques, les scénarios d'usage, l'obsolescence caractéristique des composants, les réponses seront hautement spécifiques, et le low tech, le simple, peut bien souvent être la meilleure proposition. Notre position, chez 1969, c'est de ne pas chercher l'hyperperformance à tout prix, en particulier à tout prix environnemental. Ça peut être aussi de simplifier l'information dans le bâtiment pour favoriser sa réutilisation future, et d'embarquer au maximum les énergies renouvelables dans tout projet, de façon à ce qu'elle soient résolument des "éléments d'architecture" pour reprendre l'expression de Rem Koolhaas. 
Propos recueillis par Arnaud Paillard
14 mai 2018
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